toxicavengeresse
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Ces derniers jours, je ne travaille pas le matin. Je me lève aux mêmes heures mais je bois mon thé dans mon lit et je finis mes livres, délicieux ! Mais j’ai gardé cette sale habitude d’être réveillée par la radio, France Inter. Avant, j’écoutais « Eclectique », j’aimais bien la voix de la fille. En ce moment, me réveiller implique une gymnastique perpétuelle : est-ce lui ou est-ce elle ? Qui est vraiment le plus bête des deux ? Je penchais pour Isabelle Giordano, en premier lieu, qui s’illustre dans le domaine depuis plusieurs années mais je la considère maintenant comme une enfant débile accrochée aux basque de son père autoritairement crétin, avec la bonne foi du lâche sûr de son droit. Le type est bien pire, il me semble. Ce matin, par exemple, une émission sur le jeux vidéo (j’aime les jeux video, certains de mes meilleurs souvenirs d’enfance tiennent aux jeux vidéo) (je suis consciente que c’est un problème) dont plusieurs questions se détachaient d’une profonde réflexion : les enfants vont-ils tous devenir des meurtriers fous si ils jouent à Counter Strike ? Font-ils la différence entre la réalité et le jeu et si ils la font, est-ce que les émotions (réelles) que les jeux vidéo provoquent sont gérables ? Parce que les émotions que provoque la vie, c’est gérable, pour un enfant ? Parce que les émotions que provoque la vie, c’est gérable, pour quelqu’un ? Et en plus, ils font ça de façon sournoise, ils te présentent le truc, et toi mon petit Grégoire, qui va très bien, qui a de bonnes notes, qui n’est pas désocialisé malgré tes 2h de jeux par jour (mais au fond, n’est-ce pas suspect ? est-ce que cet enfant si mûr ne présente pas tous les signes d’une pathologie grave, avec son vocabulaire soufflant et ses constructions de phrases parfaites ? SARKOZY !!!), on ne dit pas du tout que tes parents t’abandonnent devant la télé parce qu’ils n’en ont rien à faire de leur progéniture, mais est-ce que ça ne serait pas mieux que tu ailles faire du foot avec tes petits copains ? DU FOOT… Et puis, en définitive, on écoute cette mère concernée, elle - elle a parcouru le monde à cheval avec ses enfants de 0 à 8 ans ( ???) – qui se demande même si le cinéma, hein… (j’arrête là ). Moi, dégommer des tireurs embusqués deux heurs par jour à douze ans, je trouve ça un peu léger pour affronter ce genre de conneries… (France Inter a même ressorti son slogan « écouter la différence » qui avait déjà été assorti à l’époque avec « écouter la déférence » ).
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Et puis, épuisé, épuisette...
Restée un moment dans le noir, sur mon nouveau canapé qu’une Cadillac aimable a déposé devant chez moi (oui, oui, elle a monté les cinq étages) (ça avait de la gueule). Ma nouvelle vie depuis que je n’en avais plus, c’est, vous l’aurez remarqué, de regarder fixement des objets en buvant du thé et, excentricité folle, du café. Sans sucre. Je lis de nouveau un petit peu, Cité de verre quand je ne l’oublie pas un peu partout et Place de Chine, de Roland Hélié, pour les intimes. Son auteur m’a dit que le commencer, c’était le finir. Ne vous y fiez pas, le commencer, c’est commencer à penser à soi, à des lieux et des gens qu’on aimerait connaître. Je lis un peu, une gorgée brûlante et je pense à un garçon que j’ai abandonné en route, un dommage et un hélas, un regret plus vif encore qu’il était délicat, fragile et silencieux. Parce que je ne sais pas ce que c’est qu’un secret délicieux, une embrasure de porte, une lune pleine, j’envie ceux qui connaissent l’obscurité, le demi-mot et la douceur. Ce garçon, c’était cela avec plus d’audace encore, un trait illogique qui n’appartient qu’à la réalité. J’ai regretté de ne plus le connaître soudain, de pouvoir l’inscrire quelque part sur la liste. Des oubliés. Des disparus.
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Il y a une semaine
Un coup de téléphone qui me sort du cirage. Les gens m’appellent pour vanter tel ou tel mérite de leur laboratoire, ça me fait bien rigoler qu’on se donne la peine d’essayer de me convaincre, moi qui ne suis rien. Dans ce bureau, mon bureau, il n’y a personne, tout le monde est parti à la pêche pour ce long week-end, dans les landes, au soleil, en Italie… je suis presque seule à ne vouloir rien d’autre qu’être à Paris et laisser filer le temps. Dehors, il fait beau et froid, comme chez vous. J’ai compris hier que l’hiver était là, pas à la température, pas à la couleur du ciel, mais à cette lumière basse qui dès midi s’étouffe. Je n’ai pas grand-chose à faire aujourd’hui. Je ne suis plus sur la brèche et je reste un peu hébétée, stupide devant ma tasse de café, déçue presque de revoir passer le temps et de me sentir exister. Je lui ai avoué, à elle, que je comprenais ce qu’elle m’a dit il y a quelques mois, que la vie m’avait épuisée, tirée dans tous les sens et que j’acceptais la souffrance, la maladie et la mort de mes proches. Que ça ne voulait pas dire que je les abandonnais. J’ai parlé de moi, à m’en sentir mal. Qu’est-ce que les gens pensent de toi quand tu te découvres et qu’ils ne sont pas de ton côté déjà, qu’ils te connaissent souffrant sans t’aimer ? Je balaye ces questions. L’après-midi est trop belle. Et je n'ai pas encore étudié de près les détails de l'appartement d'en face.
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Un jour rêvé
Elle : Tu sais que je dis tout le temps que je voudrais ouvrir un bar qui s’appellerait « Le poisson banane ». Lui : Humm… Elle : Ce n’est pas tout à fait la vérité. Il met un moment à se tourner vers elle. Lui : Quelle est la vérité ? Elle : La vérité c’est que je voudrais être un poisson banane. 
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Sur la margelle
Pensez-y de temps en temps, à cette chose qui nous frappe tous. Au départ (à l’arrivée), je voulais parler de Dumas (Alexandre) (oui, le père). Il me semblait que c’était un bon sujet et que ce n’était pas parce que j’étais enfin arrivée à lire Les choses – un petit rien Les choses, j’étais effrayée par une broutille – et puis qu’après tout Perec, c’est le genre d’auteur qu’on lit à cet exact moment de la vie où on substitue l’humour à la tristesse, que je ne pouvais pas remettre Les choses à leur place et m’occuper un peu de mon cher Dumas qu’on traine dans la poussière autour de moi.
Puis je me suis retrouvée dans un crématorium, la cérémonie, très digne (on dit ça), mon père pleurait et ma tante en a dites de jolies (choses, toujours). J’ai acquiescée parce c’est tout ce qu’il reste à faire devant la mort. Je ne peux pas être toujours là où je suis censée être, par decret. J’avais mes ballerines rouges, mes chaussures de kaliiinkakaliiinka (je vais fredonner la suite pendant la fin de votre lecture, si vous tendez l’oreille, vous entendrez ma voix de mezzo) et une robe noire, toujours par decret. C’est le discours digne et les larmes de mon père qui m’ont fait entrer dans le rôle. Un souvenir aussi mais je ne peux pas parler de ça, ce serait outrepasser nos minces relations. On s’étonne toujours de vivre encore quand les autres meurent. Ce n’est pas le cœur du problème. On ne vit pas différemment (là est…).
Je crois que j’avais lu ça dans Le Chagrin des Resslingen, qu’on vieillissait par à coup, comme un seau attaché par une corde à une poulie dans un puit, qu’on laisserait filer un instant, puis qu’on stopperait brutalement. On se retrouve plus bas, plus vieux, avec un haut le cœur, sauf pour un moment, jusqu’au prochain vertige. On oublie dans la sensation effrayante (et grisante) qu’il y a un fond.
Ce jour-là, j’étais présente, autant que je puisse l’être, sa lumière, ses rires et sa légèreté à l’esprit, tout près.
(au fond du puit, les chants resonnent)
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Sans queue ni tête
Philémon : Je viens de voir ton décolleté sur le net… La vengeresse toxique : ??? Philémon : Il me semble avoir reconnu tes seins sur le blog de Phé. Et bien, les amis, c’est tout a fait vrai, faites votre choix. (un bon point pour Philémon)
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